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Un neuromythe est une idée fausse sur le fonctionnement du cerveau, souvent tirée d’un résultat scientifique réel mais déformé ou exagéré. « On n’utilise que 10 % de son cerveau », « chaque élève a son style d’apprentissage », « il y a des cerveaux gauches et des cerveaux droits » : ces affirmations circulent dans les salles des professeurs, les formations et les manuels. Elles coûtent du temps et de l’énergie, et peuvent enfermer des élèves dans des étiquettes. Voici huit neuromythes fréquents, ce que dit la recherche, et sur quoi s’appuyer à la place, notamment en remédiation pédagogique.

Qu’est-ce qu’un neuromythe ?

Le mot a été popularisé en 2002 par un rapport de l’OCDE consacré au cerveau et à l’apprentissage. Il désigne une croyance erronée sur le cerveau, présentée comme scientifique. La plupart des neuromythes partent d’une donnée vraie : les hémisphères cérébraux ont bien des spécialisations, la plasticité est plus forte chez le jeune enfant. C’est l’extrapolation qui est fausse.

Ils sont très répandus chez les enseignants, qui sont pourtant de bonne volonté. Une étude publiée en 2012 par Sanne Dekker et ses collègues, auprès d’enseignants britanniques et néerlandais, a montré qu’ils adhéraient en moyenne à près de la moitié des neuromythes proposés. Les enseignants les plus intéressés par les neurosciences n’étaient pas mieux protégés.

8 neuromythes fréquents

1. « On n’utilise que 10 % de son cerveau »

Faux. L’imagerie cérébrale montre que toutes les régions du cerveau sont actives au cours d’une journée, même si elles ne le sont pas toutes en même temps. Le cerveau représente environ 2 % du poids du corps et consomme autour de 20 % de son énergie : un organe aussi coûteux ne resterait pas inutilisé à 90 %.

2. « Chaque élève a un style d’apprentissage : visuel, auditif ou kinesthésique »

C’est le neuromythe le plus tenace. Les élèves ont des préférences, mais adapter l’enseignement à un supposé style n’améliore pas les apprentissages. Une revue de référence publiée en 2008 par Harold Pashler et ses collègues n’a trouvé aucune preuve solide de cet effet. Ce qui aide, c’est d’adapter la présentation au contenu (une carte pour la géographie, un enregistrement pour la prononciation), pour tous les élèves.

3. « Il y a des cerveaux gauches, logiques, et des cerveaux droits, créatifs »

Les deux hémisphères ont des spécialisations, le langage par exemple est surtout traité à gauche chez la plupart des gens. Mais ils travaillent sans cesse ensemble. Une étude de l’université de l’Utah portant sur plus de mille cerveaux, publiée en 2013, n’a trouvé aucun signe de personnes « cerveau gauche » ou « cerveau droit ».

4. « La Brain Gym connecte les deux hémisphères »

La Brain Gym, mise au point dans les années 1980, propose des mouvements censés améliorer la communication entre les hémisphères et donc les apprentissages. Ses fondements théoriques sont sans base scientifique et ses effets n’ont pas été démontrés. Bouger fait du bien aux élèves, mais pas pour les raisons avancées.

5. « Tout se joue avant 3 ans »

Certaines capacités, comme la vision ou la discrimination des sons d’une langue, ont des périodes sensibles. Il n’existe pas pour autant de période critique unique après laquelle tout serait figé. Le cerveau reste plastique toute la vie. Apprendre plus tard est souvent plus long, rarement impossible.

6. « Le sucre rend les enfants hyperactifs »

Une méta-analyse publiée en 1995 dans le JAMA a regroupé les études contrôlées sur le sujet : le sucre n’a pas d’effet mesurable sur le comportement ou les capacités cognitives des enfants. L’agitation observée aux goûters d’anniversaire tient plutôt au contexte… et aux attentes des adultes.

7. « On peut faire plusieurs choses à la fois sans perte »

Le cerveau ne traite pas deux tâches exigeantes en parallèle : il passe de l’une à l’autre, et chaque bascule coûte du temps et des erreurs. Réviser en consultant son téléphone, c’est réviser moins bien. Les jeunes « nés avec le numérique » n’échappent pas à cette limite.

8. « On naît intelligent ou pas »

Les gènes jouent un rôle dans les différences d’intelligence, mais l’environnement aussi. Une méta-analyse de Stuart Ritchie et Elliot Tucker-Drob (2018) estime qu’une année d’école supplémentaire augmente le QI de 1 à 5 points. L’intelligence n’est pas un capital fixe. C’est aussi le point de départ de la méthode Feuerstein, qui affirme que l’intelligence est modifiable.

Pile de livres reliés, pour se former à partir de connaissances fiables

Pourquoi ils persistent

  • Ils sont simples et rassurants : une étiquette (« c’est un visuel ») donne l’impression de comprendre un élève.
  • Ils contiennent une part de vérité, ce qui les rend crédibles.
  • Ils se vendent bien : programmes, tests et formations « neuro » trouvent facilement preneur.
  • Ils se transmettent de collègue à collègue et dans les formations, sans que personne ne remonte aux sources.

Certaines théories pédagogiques populaires sont parfois rangées à tort ou à raison dans cette catégorie, comme les intelligences multiples de Gardner quand elles sont réduites à des profils d’élèves. Les outils ne sont pas épargnés : un logiciel qui promet d’« entraîner le cerveau » mérite les mêmes questions que n’importe quelle méthode. Notre article sur les outils numériques pédagogiques aide à les choisir.

Ce qui est bien établi

Abandonner les neuromythes ne laisse pas les enseignants sans repères. Plusieurs résultats sont solides :

  • l’attention est limitée : une consigne claire et un objectif annoncé aident tous les élèves ;
  • se tester (rappel actif) fait mieux retenir que relire ;
  • espacer les révisions dans le temps est plus efficace que tout réviser la veille ;
  • l’erreur, suivie d’un retour rapide, fait partie de l’apprentissage ;
  • pour les élèves novices, montrer la démarche avant de les laisser chercher est efficace, c’est le principe de l’enseignement explicite ;
  • le cerveau reste plastique toute la vie, et les capacités cognitives se travaillent.

Pour approfondir ce que les neurosciences apportent vraiment à l’école, lisez notre article sur la neuroéducation.

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Le C.F.R.C.P forme les enseignants, les accompagnants et les professionnels du soin à la remédiation pédagogique, à la remédiation cognitive et à la méthode Feuerstein (PEI Basic et PEI Standard). Les formations se suivent à distance : séances en direct avec la formatrice, ressources fournies, travaux supervisés et validation en fin de parcours. La formation en remédiation pédagogique se conclut par une épreuve écrite, un projet et un oral devant un jury. L’organisme est dirigé par Chaya Ghebali, formatrice agréée de l’Institut Feuerstein, et certifié Qualiopi.

Questions fréquentes

Qu’est-ce qu’un neuromythe ?

C’est une croyance erronée sur le cerveau, présentée comme scientifique. Elle part souvent d’un résultat réel, mal compris ou exagéré, et se diffuse surtout dans l’éducation.

Quels sont les neuromythes les plus célèbres ?

Parmi les plus répandus : « on n’utilise que 10 % de son cerveau », les styles d’apprentissage visuel, auditif ou kinesthésique, l’opposition cerveau gauche et cerveau droit, la Brain Gym, « tout se joue avant 3 ans », le sucre qui rendrait hyperactif, le multitâche sans coût et « on naît intelligent ou pas ». Certaines listes en comptent dix, en ajoutant par exemple l’apprentissage pendant le sommeil.

Qu’est-ce que la neuroéthique ?

C’est le domaine qui étudie les questions éthiques posées par les neurosciences : usage des données cérébrales, amélioration cognitive, responsabilité. Lutter contre les neuromythes, c’est aussi une question d’éthique pour les formateurs.

Pour aller plus loin

Les neuromythes ont la vie dure parce qu’ils sont simples. Les remplacer par des pratiques éprouvées demande un peu d’effort, mais les élèves en difficulté sont les premiers à en profiter. Pour vous former à des approches fondées, découvrez la formation en remédiation pédagogique à distance ou préinscrivez-vous. Une question ? Utilisez le formulaire ci-dessous ou appelez le 07 67 87 60 22.

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