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Les troubles dys, que les médecins appellent troubles spécifiques du langage et des apprentissages (TSLA), sont des troubles durables du neurodéveloppement. Ils touchent une fonction précise, comme la lecture, l’écriture, le calcul, le langage oral ou la coordination des gestes, chez un enfant dont l’intelligence est préservée. Ils ne viennent ni d’un manque de travail ni d’un défaut d’éducation.

Le diagnostic relève des professionnels de santé. L’école, les parents et les intervenants ont pourtant un rôle à jouer, au moment du repérage puis dans l’accompagnement quotidien. Ce guide fait le point et montre ce que la remédiation cognitive peut apporter à côté des rééducations.

Troubles dys et TSLA : définitions

« Troubles dys » est l’expression courante, utilisée par les familles et les associations. « TSLA » est le terme retenu par la Haute Autorité de santé (HAS) dans son guide sur le parcours de santé de ces enfants, mis en ligne en janvier 2018. Pour la HAS, les TSLA sont la conséquence d’anomalies du développement cognitif de l’enfant. Ils sont fréquents et durables, et retentissent sur la vie quotidienne, les apprentissages scolaires, puis la vie sociale et professionnelle.

Le mot « spécifique » compte. Il signifie que la difficulté porte sur un domaine précis et ne s’explique pas par une déficience intellectuelle, un trouble sensoriel non corrigé ou une scolarité très perturbée. Les classifications internationales (DSM-5, CIM-11) rangent ces troubles parmi les troubles du neurodéveloppement, comme le TDAH ou l’autisme.

Il faut aussi les distinguer des difficultés scolaires passagères. Un enfant peut lire lentement au CP parce qu’il a manqué des semaines d’école ou parce qu’il a besoin de plus d’entraînement. La différence se voit dans la durée : le trouble résiste à une aide pédagogique bien conduite.

Les différents troubles dys

  • La dyslexie : trouble durable de l’apprentissage de la lecture, en particulier de l’identification des mots écrits. La lecture reste lente et coûteuse, avec des erreurs qui persistent.
  • La dysorthographie : trouble de l’acquisition de l’orthographe, très souvent associé à la dyslexie.
  • La dyscalculie : trouble des apprentissages numériques, qui touche le sens du nombre, la mémorisation des faits arithmétiques et le calcul.
  • La dyspraxie, appelée aujourd’hui trouble développemental de la coordination (TDC) : difficulté à planifier et à automatiser les gestes, qui gêne l’écriture, le découpage, l’habillage ou le sport.
  • La dysphasie, ou trouble développemental du langage : trouble durable du langage oral, en compréhension, en expression ou les deux.
  • La dysgraphie : trouble du geste d’écriture, souvent lié à un TDC.

Pour la dyslexie, on distingue classiquement une forme phonologique (difficulté à convertir les lettres en sons), une forme de surface (difficulté à mémoriser l’orthographe des mots irréguliers) et une forme mixte. Cette typologie aide à orienter la rééducation orthophonique. Pour la dyscalculie, notre article sur la remédiation en mathématiques donne des pistes en classe.

Le trouble du déficit de l’attention avec ou sans hyperactivité (TDAH) n’est pas un trouble dys au sens strict. Il est pourtant souvent cité avec eux, car les deux sont fréquemment associés chez un même enfant. Notre article sur le TDAH à l’école lui est consacré.

Repérage et diagnostic : qui fait quoi ?

Selon la HAS, la famille, les professionnels de la petite enfance, l’école et les professionnels de santé sont en première ligne pour repérer une difficulté. Après ce repérage, des mesures pédagogiques doivent d’abord être proposées. Si l’enfant progresse insuffisamment malgré ces remédiations, ou si les difficultés sont d’emblée sévères, les professionnels de santé prennent le relais, en lien étroit avec les parents et les enseignants.

Le parcours de soins décrit par la HAS comporte trois niveaux.

  • Premier niveau, pour les situations simples : le médecin de l’enfant (généraliste ou pédiatre) et le rééducateur spécialiste du trouble, en lien avec le médecin de l’Éducation nationale ou de PMI.
  • Deuxième niveau, pour les situations complexes : une équipe pluridisciplinaire de proximité, coordonnée par un médecin spécialisé dans les TSLA, avec des psychologues et des rééducateurs formés.
  • Troisième niveau, pour les situations les plus complexes : les centres de référence des troubles du langage et des apprentissages, rattachés aux CHU.

Un enseignant ou un intervenant ne pose donc jamais de diagnostic. Il peut en revanche décrire précisément ce qu’il observe, et ces observations aident beaucoup le médecin.

Enfant à lunettes écrivant au crayon dans un cahier ligné

Troubles dys à l’école : aménagements et PAP

Quand un trouble des apprentissages est confirmé, la famille ou l’équipe enseignante peut demander un plan d’accompagnement personnalisé (PAP). Le médecin de l’Éducation nationale donne son avis, puis l’équipe pédagogique rédige le plan, qui suit l’élève d’une année à l’autre. Si le trouble est sévère et qu’une aide humaine ou du matériel adapté sont nécessaires, la famille peut saisir la MDPH pour un projet personnalisé de scolarisation (PPS).

Avant toute reconnaissance, un programme personnalisé de réussite éducative (PPRE) permet déjà d’organiser une aide pédagogique ciblée.

Quelques aménagements fréquents :

  • textes aérés, police plus grande, lignes de couleurs alternées ;
  • lecture des consignes à voix haute ;
  • photocopie des leçons plutôt que copie au tableau ;
  • temps supplémentaire ou exercices allégés ;
  • usage de l’ordinateur ou d’outils de dictée vocale ;
  • évaluation de l’orthographe séparée du reste du contenu.

L’aménagement compense le trouble. Il ne le fait pas disparaître, mais il évite que l’élève soit jugé sur ce qu’il ne peut pas encore faire plutôt que sur ce qu’il a compris. Notre article sur les élèves à besoins éducatifs particuliers donne d’autres pistes en classe.

Le rôle de la remédiation cognitive

Les rééducations orthophonique, psychomotrice ou ergothérapique ciblent directement le trouble. La remédiation cognitive agit à un autre niveau : elle aide l’enfant à mieux utiliser ses fonctions cognitives (attention, mémoire de travail, planification, comparaison, organisation de l’information) et à construire des stratégies conscientes.

Prenons un élève dyslexique. Le décodage lui coûte une grande part de son attention. Apprendre à planifier une tâche, à vérifier systématiquement, à repérer les indices utiles dans une consigne l’aide à alléger une partie de cette charge. Pour un enfant dyspraxique, verbaliser les étapes d’un geste avant de l’exécuter est souvent plus utile que de le répéter.

Dans la méthode Feuerstein, le médiateur ne donne pas la réponse. Il aide l’enfant à observer, comparer, formuler une hypothèse, puis à relier ce qu’il a découvert à d’autres situations. Le PEI Basic est conçu pour les enfants dès 3 ans. Notre article sur la remédiation cognitive chez l’enfant détaille les stratégies utilisées et ce qu’on peut en attendre.

La remédiation cognitive ne remplace pas les soins. Elle s’ajoute au parcours défini avec les professionnels de santé.

Se former pour accompagner les élèves dys

Enseignants, AESH, éducateurs, orthophonistes, psychologues : de nombreux professionnels cherchent des outils pour aider ces élèves au-delà des aménagements. Le CFRC propose une formation en remédiation cognitive et le PEI Basic de Feuerstein. Elles se suivent à distance, en direct avec Chaya Ghebali, formatrice agréée de l’Institut Feuerstein, avec du matériel envoyé chez vous et des travaux supervisés. L’organisme est certifié Qualiopi. Les prochaines dates sont en cours de programmation.

Questions fréquentes

Est-ce qu’être dys est un handicap ?

Un trouble dys peut être reconnu comme un handicap par la MDPH lorsqu’il limite fortement la scolarité ou la vie quotidienne. Ce n’est pas automatique : beaucoup d’élèves dys sont accompagnés avec un PAP, sans démarche auprès de la MDPH.

Quels sont les six troubles dys ?

On cite généralement la dyslexie, la dysorthographie, la dyscalculie, la dyspraxie (trouble développemental de la coordination), la dysphasie (trouble développemental du langage) et la dysgraphie. Certaines listes y ajoutent les troubles de l’attention, qui ne sont pas des troubles dys au sens strict.

Quels sont les trois types de dyslexie ?

On distingue la dyslexie phonologique, la dyslexie de surface et la dyslexie mixte, qui combine les deux. Le bilan orthophonique précise le profil de l’enfant.

Un trouble dys se repère tôt, se confirme par un bilan et s’accompagne à plusieurs : la famille, l’école et les soignants. La remédiation cognitive aide l’enfant à reprendre la main sur sa façon d’apprendre.

Formation à distance, en direct avec Chaya Ghebali, formatrice agréée de l’Institut Feuerstein. Organisme certifié Qualiopi. Préinscrivez-vous en ligne, ou appelez le 07 67 87 60 22 pour toute question sur les dates et le financement.

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