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On a longtemps distingué différentes formes d’autisme : autisme de Kanner, syndrome d’Asperger, autisme atypique… Depuis 2013, les classifications internationales ont changé. Elles décrivent aujourd’hui un seul trouble, le trouble du spectre de l’autisme (TSA), avec des profils et des niveaux de besoin très variables d’une personne à l’autre.

Cet article explique comment on est passé des différents types d’autisme au spectre, ce que signifient les niveaux de sévérité, comment se pose le diagnostic et ce que la remédiation cognitive peut apporter. Les professionnels intéressés par cette approche trouveront le détail de notre formation en remédiation cognitive.

Ces informations sont générales. Seule une équipe spécialisée peut poser un diagnostic.

Qu’est-ce que l’autisme ?

L’autisme est un trouble du neurodéveloppement. Il se caractérise par deux ensembles de particularités, présents dès la petite enfance même s’ils ne sont pas toujours repérés tôt :

  • des difficultés persistantes dans la communication et les interactions sociales (réciprocité, langage non verbal, construction des relations) ;
  • des comportements, des intérêts ou des activités restreints et répétitifs, qui incluent le besoin de routines et des particularités sensorielles (hyper ou hyposensibilité aux bruits, à la lumière, au toucher).

Les causes sont multiples. La part génétique est importante, et des facteurs environnementaux précoces interviennent aussi. L’autisme n’est pas causé par l’éducation donnée par les parents.

Les différents types d’autisme dans les anciennes classifications

L’histoire des différentes formes d’autisme commence avec deux médecins. En 1943, le pédopsychiatre Leo Kanner décrit aux États-Unis des enfants repliés sur eux-mêmes, attachés à l’immuabilité de leur environnement. En 1944, à Vienne, Hans Asperger décrit des garçons au langage développé mais en grande difficulté dans les relations sociales. Ces deux descriptions ont longtemps servi de repères.

Jusqu’au début des années 2010, les classifications de référence (le DSM-IV de l’Association américaine de psychiatrie et la CIM-10 de l’Organisation mondiale de la santé) regroupaient plusieurs diagnostics sous le terme de troubles envahissants du développement (TED). Voici les principaux types d’autisme de cette période.

L’autisme infantile, ou autisme de Kanner

C’est la forme dite « typique » : les difficultés de communication et d’interaction apparaissent avant 3 ans, avec des comportements répétitifs. Elle est souvent associée à un retard de langage, parfois à une déficience intellectuelle.

Le syndrome d’Asperger

Il désignait des personnes sans retard de langage ni déficience intellectuelle, mais avec des difficultés marquées dans les relations sociales et des intérêts très restreints. Beaucoup d’adultes diagnostiqués Asperger continuent à se reconnaître dans ce terme.

L’autisme atypique et les TED non spécifiés

Ces diagnostics s’appliquaient quand une personne présentait des signes autistiques sans réunir tous les critères, ou avec un début plus tardif.

Le trouble désintégratif de l’enfance

Forme rare, marquée par une perte des acquis (langage, propreté, jeu, relations) après au moins deux ans de développement normal.

Le syndrome de Rett

Classé un temps parmi les TED, il est aujourd’hui considéré comme une maladie génétique distincte, qui touche surtout les filles.

Et l’autisme « de haut niveau » ?

L’expression est courante, mais ce n’est pas un diagnostic. Elle désigne en général des personnes autistes sans déficience intellectuelle. Elle peut masquer des difficultés réelles au quotidien, ce qui explique que les professionnels préfèrent parler de niveau de soutien.

Ces catégories se sont révélées floues et peu fiables d’un clinicien à l’autre : un même enfant pouvait recevoir un diagnostic différent selon l’équipe consultée. C’est ce qui a conduit à les abandonner.

Aujourd’hui : un seul trouble du spectre de l’autisme

Le DSM-5, publié en 2013, puis la CIM-11 de l’Organisation mondiale de la santé, en vigueur depuis 2022, ont remplacé ces catégories par un diagnostic unique : le trouble du spectre de l’autisme. Le mot « spectre » traduit la grande diversité des situations.

Ce que prévoit la CIM-11

La CIM-11 classe le trouble du spectre de l’autisme parmi les troubles du neurodéveloppement. Elle ne retient plus de types d’autisme, mais des sous-catégories selon deux critères : la présence ou non d’un trouble du développement intellectuel, et le niveau de langage fonctionnel (langage peu ou pas altéré, altéré, ou absent).

Au lieu de types, le diagnostic précise désormais des caractéristiques associées : avec ou sans déficience intellectuelle, avec ou sans altération du langage, avec ou sans autre trouble associé (TDAH, épilepsie, anxiété, troubles du sommeil…).

Les 3 niveaux de l’autisme

Le DSM-5 décrit trois niveaux, définis par l’intensité du soutien dont la personne a besoin, pour la communication sociale d’une part et pour les comportements restreints et répétitifs d’autre part :

  • niveau 1 : nécessite un soutien ;
  • niveau 2 : nécessite un soutien important ;
  • niveau 3 : nécessite un soutien très important.

On entend souvent parler d’autisme « léger » ou « sévère ». Ces mots sont trompeurs : une personne de niveau 1 peut vivre de grandes difficultés au quotidien, notamment de l’anxiété et de l’épuisement. Le niveau peut aussi évoluer avec l’âge, l’accompagnement et le contexte.

Des profils très différents

Deux personnes autistes peuvent ne se ressembler en rien. L’une ne parle pas et a une déficience intellectuelle ; l’autre a un langage très riche, fait des études et peine surtout dans les relations et l’imprévu. Les filles et les femmes sont plus souvent diagnostiquées tard, car leurs signes sont parfois moins visibles. La recherche tente de mieux décrire cette diversité : en 2025, une équipe a proposé de distinguer quatre sous-groupes à partir de données cliniques et génétiques. Ces travaux ne changent pas, pour l’instant, la façon de poser le diagnostic.

Comment se pose le diagnostic ?

Les parents sont souvent les premiers à repérer des signes : peu de regard partagé, absence de pointage, retard ou perte de langage, réactions inhabituelles aux sensations. Le médecin traitant ou le pédiatre peut orienter vers une plateforme de coordination et d’orientation (PCO) pour les enfants, ou vers un centre ressources autisme (CRA) pour les situations complexes.

Le diagnostic est posé par une équipe pluridisciplinaire, à partir d’entretiens avec la famille, de l’observation de l’enfant et d’outils standardisés. Il n’est pas nécessaire d’attendre la fin de cette démarche pour commencer à accompagner l’enfant.

Remédiation cognitive et autisme

La remédiation cognitive ne traite pas l’autisme. Elle peut en revanche aider sur des difficultés qui gênent la vie quotidienne et les apprentissages : la flexibilité (accepter un changement de règle), la planification, l’attention, et la cognition sociale (reconnaître une émotion, comprendre le point de vue d’autrui). Des programmes de psychiatrie ont été adaptés aux adultes autistes sans déficience intellectuelle, et les outils de Feuerstein sont utilisés avec des enfants autistes, en adaptant le rythme et les supports. Pour comprendre ce que recouvre la flexibilité mentale et comment la travailler, consultez notre article dédié.

Elle complète les interventions éducatives et comportementales recommandées, sans s’y substituer. Les objectifs se fixent pour chaque personne, avec la famille et l’équipe qui la suit. Pour découvrir la démarche, lisez la remédiation cognitive et notre article sur la remédiation cognitive chez l’enfant. Nous abordons aussi un autre trouble du développement dans l’article trisomie 21 et apprentissages.

Sources

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Éducateurs, enseignants, psychomotriciens, orthophonistes, parents : le C.F.R.C.P vous propose de vous former à la remédiation cognitive avec le PEI de Feuerstein, utilisable dès 3 ans et avec des enfants verbaux ou non. La formation se suit à distance, en direct avec la formatrice, depuis toute la France. Les prochaines dates sont en cours de programmation.

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