Un AESH (accompagnant d’élèves en situation de handicap) reçoit, une fois recruté, une formation d’adaptation à l’emploi d’au moins 60 heures, organisée par l’Éducation nationale et comprise dans son temps de travail. C’est un socle. Sur le terrain, beaucoup d’AESH se retrouvent face à un élève avec un TDAH, un trouble dys ou un trouble du spectre de l’autisme sans savoir comment l’aider à apprendre. Cet article fait le point sur la formation obligatoire, puis sur les formations complémentaires qui donnent des outils concrets, dont celles qui permettent de se former à la remédiation cognitive.
La formation obligatoire des AESH : ce qu’il faut savoir
La formation d’adaptation à l’emploi de 60 heures
Pour devenir AESH, il faut remplir l’une de ces conditions : être titulaire d’un diplôme professionnel dans l’aide à la personne (comme le DEAES), justifier d’au moins neuf mois d’expérience dans l’accompagnement de personnes en situation de handicap, ou avoir un diplôme de niveau 4, comme le baccalauréat. Une fois en poste, l’AESH suit une formation d’adaptation à l’emploi. Le décret du 27 juillet 2018 en a fixé la durée minimale à 60 heures, incluses dans le temps de service, pour les accompagnants qui n’ont pas de diplôme dans l’aide à la personne. Le ministère indique la proposer à tous les AESH recrutés.
Qui l’organise et quand
Elle est organisée par chaque académie, en principe dès le début du contrat et au cours de la première année. Certaines académies en placent une partie avant la prise de poste. Le calendrier et le contenu varient donc d’un territoire à l’autre : le service de l’école inclusive de votre département reste le bon interlocuteur. Les AESH peuvent ensuite accéder à des actions de formation continue, comme certains modules nationaux consacrés à la scolarisation des élèves à besoins éducatifs particuliers.
Ses limites sur le terrain
Soixante heures suffisent pour comprendre le cadre (le projet personnalisé de scolarisation, le rôle de chacun dans l’équipe) et découvrir les grands types de handicap. Elles ne suffisent pas pour savoir quoi faire, concrètement, quand un élève ne comprend pas une consigne pour la troisième fois de la matinée. Beaucoup d’AESH le disent : ils ont appris le métier en le faisant, souvent seuls.
Pourquoi se former au-delà des 60 heures ?
Accompagner un élève avec TDAH, trouble dys ou TSA
Un élève avec un TDAH a du mal à maintenir son attention et à freiner ses réponses impulsives. Un élève dyslexique s’épuise sur le déchiffrage et perd le sens du texte. Un élève autiste peut être dérouté par un changement d’activité. Chaque situation demande des gestes précis : découper une tâche, reformuler une consigne, préparer une transition. Comprendre les élèves à besoins éducatifs particuliers aide à choisir le bon geste au bon moment.
Aider l’élève à apprendre plutôt que faire à sa place
La mission de l’AESH est de favoriser l’autonomie de l’élève, sans se substituer à lui. Sous la pression du temps, on finit par écrire à sa place, souffler la réponse, ranger son cartable. Une formation à la médiation apprend l’inverse : poser la question qui débloque, faire verbaliser la démarche, laisser l’élève trouver. Il progresse, et l’AESH gagne en assurance.
Quelles formations complémentaires pour un AESH ?
Les formations sur les troubles du neurodéveloppement
Pour commencer, des ressources gratuites existent. Le MOOC « Troubles du neuro-développement : autisme, dys, TDAH, TDI » de l’École des TND (CHU de Montpellier), disponible sur la plateforme FUN, présente chaque trouble en vidéos courtes, à suivre à son rythme. Des diplômes universitaires, comme le DU de psychopédagogie de l’université de Picardie, accueillent aussi des AESH. Ces formations donnent des connaissances ; elles apportent moins d’outils à utiliser le lendemain en classe.
La remédiation cognitive : apprendre à penser
La remédiation cognitive travaille les fonctions qui servent à apprendre : l’attention, la perception, la comparaison, l’organisation, la planification. L’adulte joue le rôle de médiateur entre l’élève et la tâche. Pour un AESH, c’est une manière de regarder l’élève autrement : non plus « il ne sait pas faire », mais « quelle étape de la réflexion lui manque ? ». Notre article sur la remédiation cognitive chez l’enfant donne des exemples de stratégies.
Le PEI Basic de Feuerstein pour les plus jeunes
Le PEI Basic est la version du Programme d’Enrichissement Instrumental de Reuven Feuerstein conçue pour les enfants dès 3 ans et pour les personnes qui ont besoin d’un travail très progressif. Ses instruments sont pour la plupart non verbaux : ils conviennent à un enfant qui ne lit pas encore. Ils travaillent l’attention, la perception, l’orientation dans l’espace et la comparaison, prérequis de tout apprentissage scolaire.
Formation à distance, en direct avec Chaya Ghebali, formatrice agréée de l’Institut Feuerstein. Organisme certifié Qualiopi.
Se former à distance, en direct, avec le CFRC
Déroulé d’une formation en ligne en direct
Les formations du C.F.R.C.P (PEI Basic, PEI Standard, remédiation cognitive) se suivent depuis chez vous, partout en France. Elles associent des séances collectives en visioconférence avec la formatrice, à dates fixées à l’avance, des temps d’autoformation sur les ressources fournies, et des travaux pratiques supervisés auprès de votre public. Le matériel est envoyé à votre domicile et le parcours se termine par une validation. Les séances ayant lieu à dates fixes, renseignez-vous tôt pour les caler avec votre emploi du temps d’AESH. Les prochaines dates sont en cours de programmation.
Financement : ce qui est possible et ce qui ne l’est pas (pas de CPF)
Ces formations ne sont pas éligibles au CPF. Les possibilités de prise en charge dépendent de votre situation : le plus simple est d’en parler directement avec nous au 07 67 87 60 22.
Quelle évolution après AESH ?
Vers l’orthopédagogie, l’éducation spécialisée, la médiation cognitive
L’expérience d’AESH est un bon point de départ pour d’autres métiers de l’accompagnement. Certains passent un diplôme du travail social, comme celui d’éducateur spécialisé. D’autres se tournent vers l’accompagnement individuel des apprentissages et découvrent le métier d’orthopédagogue. D’autres encore deviennent praticiens de la méthode Feuerstein et animent des séances de PEI auprès d’enfants ou d’adultes. Dans tous les cas, la formation à la médiation reste utile.
Questions fréquentes
Puis-je être AESH sans diplôme ?
Oui, si vous justifiez d’au moins neuf mois d’expérience dans l’accompagnement de personnes en situation de handicap. Sans diplôme dans l’aide à la personne, vous suivez alors la formation d’adaptation à l’emploi de 60 heures minimum.
Quelle est la formation obligatoire pour les AESH ?
C’est la formation d’adaptation à l’emploi, d’au moins 60 heures, organisée par l’académie et comprise dans le temps de service, en principe au cours de la première année de contrat.
En résumé
La formation obligatoire donne le cadre du métier d’AESH. Pour aider un élève à apprendre par lui-même, il faut des outils de médiation que l’on n’acquiert qu’en se formant plus longuement. Le PEI Basic et la remédiation cognitive en font partie, et ils se travaillent à distance, en direct avec la formatrice.
Ou appelez le 07 67 87 60 22 pour en parler.
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