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Le PPRE, ou programme personnalisé de réussite éducative, est un plan d’action court que l’école ou le collège met en place pour un élève qui risque de ne pas maîtriser les connaissances attendues en fin de cycle. Il fixe quelques objectifs précis, les aides prévues et la façon de vérifier les progrès. Il est proposé aux parents, construit par l’équipe pédagogique et se vit surtout en classe.

Sur le papier, le dispositif est simple. Dans la pratique, sa réussite dépend presque entièrement de la qualité des actions de remédiation pédagogique qu’il contient. C’est ce point que cet article développe, avec un exemple commenté.

Qu’est-ce qu’un PPRE ?

Le cadre officiel

Le PPRE est prévu par le Code de l’éducation. L’article L311-3-1 dispose que, lorsqu’un élève risque de ne pas maîtriser les connaissances et les compétences attendues à la fin d’un cycle, le directeur d’école ou le chef d’établissement propose aux parents de mettre en place un dispositif de soutien, notamment un programme personnalisé de réussite éducative. L’article D311-12 précise son rôle : coordonner les actions conduites pour aider l’élève.

Éduscol, le site pédagogique du ministère de l’Éducation nationale, consacre une page aux programmes personnalisés de réussite éducative. Le texte fondateur est la circulaire publiée au Bulletin officiel n° 31 du 31 août 2006. Elle décrit un plan d’action individualisé et de courte durée, qui formalise des objectifs, des modalités d’aide et une évaluation de leur efficacité.

Pour quels élèves ?

Le PPRE concerne des élèves de l’école élémentaire et du collège qui rencontrent des difficultés dans les apprentissages fondamentaux, le plus souvent en français et en mathématiques. Il ne suppose ni diagnostic médical ni reconnaissance de handicap. C’est un outil pédagogique, interne à l’établissement.

Il sert à prévenir une difficulté qui s’installe autant qu’à y remédier. Un élève qui décroche en lecture au CE1, une collégienne qui ne parvient plus à résoudre des problèmes simples en sixième : tous deux peuvent en bénéficier.

Qui met en place et rédige le PPRE ?

L’initiative revient au directeur d’école ou au chef d’établissement, qui propose le PPRE aux parents. Le conseil des maîtres ou le conseil de classe peut en être à l’origine. Le document est ensuite construit par l’équipe pédagogique : l’enseignant de la classe à l’école, le professeur principal et les professeurs concernés au collège.

Les parents sont associés. On leur présente ce qui a été observé, les objectifs retenus et ce qu’on attend de chacun. L’élève, lui aussi, doit comprendre ce qu’on lui propose et pourquoi. Un PPRE que l’enfant subit sans en saisir le sens a peu de chances de marcher.

D’autres personnes peuvent contribuer : enseignants spécialisés du RASED à l’école, psychologue de l’Éducation nationale, assistant d’éducation pour l’aide aux devoirs. Leurs interventions sont coordonnées dans le même document.

PPRE, PAP, PPS, PAI : les différences

Ces quatre sigles reviennent souvent dans les échanges entre familles et enseignants. Ils ne répondent pas aux mêmes situations.

Dispositif Pour qui Qui l’initie Ce qu’il contient
PPRE (programme personnalisé de réussite éducative) Élève en difficulté scolaire, sans condition médicale Directeur d’école ou chef d’établissement, avec les parents Objectifs pédagogiques à court terme et actions d’aide
PAP (plan d’accompagnement personnalisé) Élève dont les difficultés durables sont liées à un trouble des apprentissages Conseil des maîtres, conseil de classe ou famille, après avis du médecin de l’Éducation nationale Aménagements et adaptations pédagogiques, suivis d’une année sur l’autre
PPS (projet personnalisé de scolarisation) Élève dont la situation de handicap est reconnue par la MDPH Famille, auprès de la MDPH ; décision de la CDAPH Aide humaine (AESH), matériel adapté, orientation, aménagements
PAI (projet d’accueil individualisé) Élève atteint d’une maladie chronique, d’une allergie ou d’une intolérance alimentaire Famille, avec le médecin Soins, régime, protocole d’urgence

Ces dispositifs ne s’excluent pas tous. Un élève qui a un PAI pour une allergie peut avoir un PPRE en mathématiques. La circulaire n° 2015-016, qui a créé le PAP, précise en revanche qu’il s’adresse aux élèves pour lesquels ni le PPRE ni le PAI ne suffisent, et qu’il ne concerne pas les élèves qui ont un PPS. Pour les élèves concernés par un trouble des apprentissages, voir notre article sur les troubles dys et les TSLA.

Enseignant penché sur la table de deux élèves pendant un travail en classe

Construire un PPRE efficace

Identifier précisément la difficulté

« Il a du mal en français » ne suffit pas pour bâtir un programme. Il faut savoir où l’élève bloque : le décodage des syllabes complexes, la compréhension de l’implicite, les accords dans le groupe nominal ? Une évaluation diagnostique courte, quelques productions analysées et un entretien avec l’élève apportent souvent plus d’informations qu’un bilan de fin de trimestre. Notre article sur l’évaluation et la remédiation au primaire détaille cette étape.

Regardez aussi comment l’élève s’y prend. Se précipite-t-il ? Abandonne-t-il dès la première erreur ? Relit-il ce qu’il a écrit ? Une difficulté de méthode se cache souvent derrière une difficulté de contenu.

Fixer un à trois objectifs mesurables

Un PPRE qui vise « progresser en lecture » ne permet pas de savoir s’il a réussi. Un objectif observable sur une période courte fonctionne mieux : « lire à voix haute un texte de 100 mots du niveau de la classe avec moins de cinq erreurs d’ici six semaines ». Deux ou trois objectifs suffisent. Au-delà, l’élève et l’équipe se dispersent.

Choisir les actions de remédiation

C’est le cœur du programme. Les actions se déroulent surtout en classe : consignes reformulées, supports adaptés, travail en petit groupe de besoin, tutorat entre pairs, temps d’entraînement ciblé. Elles peuvent être complétées hors de la classe, par les activités pédagogiques complémentaires à l’école ou par l’aide aux devoirs au collège.

Une action de remédiation ne répète pas la leçon à l’identique. Elle reprend la notion par un autre chemin : manipulation, schéma, verbalisation, exemple différent. La différenciation pédagogique au quotidien et la remédiation ciblée se complètent.

Évaluer et ajuster

Prévoyez une date de bilan dès le départ, avec les parents et l’élève. On compare alors la situation à l’objectif fixé. S’il est atteint, le PPRE peut s’arrêter ou viser une nouvelle étape. S’il ne l’est pas, on cherche pourquoi avant de prolonger : l’objectif était-il trop ambitieux, l’aide trop rare, le diagnostic incomplet ?

Si les difficultés persistent malgré des aides bien conduites, la question d’un trouble des apprentissages peut se poser. La Haute Autorité de santé recommande justement de faire intervenir les professionnels de santé quand l’enfant progresse insuffisamment après les remédiations pédagogiques. Un avis médical permet alors d’envisager un PAP.

Exemple de PPRE commenté

Voici un scénario type, imaginé pour l’illustration.

Léo est en CM1. En octobre, son enseignante constate qu’il réussit les calculs posés mais échoue à presque tous les problèmes. En l’observant, elle voit qu’il lit l’énoncé une seule fois, en diagonale, puis fait une opération avec les deux nombres qu’il a repérés.

  • Difficulté ciblée : la compréhension des énoncés de problèmes, pas le calcul.
  • Objectif 1 : reformuler oralement l’énoncé avec ses propres mots avant de chercher, pour quatre problèmes sur cinq, d’ici la mi-décembre.
  • Objectif 2 : représenter la situation par un schéma avant de calculer.
  • Actions en classe : deux séances par semaine en petit groupe avec l’enseignante ; énoncés lus à voix haute puis reformulés ; énoncés sans question, pour lesquels Léo doit inventer la question.
  • Action à la maison : les parents demandent à Léo de leur raconter un problème du jour, sans le résoudre.
  • Bilan : début décembre, avec Léo et ses parents.

La force de ce PPRE tient au diagnostic. Sans observation de la démarche de Léo, l’équipe aurait pu lui donner davantage d’opérations à faire, ce qui n’aurait rien changé. L’action vise une stratégie, lire puis se représenter la situation, que Léo pourra réutiliser dans d’autres matières. Pour ce type de difficulté, lisez aussi notre article sur la remédiation en mathématiques.

Se former à la remédiation pédagogique

Rédiger un PPRE prend une heure. Concevoir des actions qui font vraiment progresser l’élève demande un savoir-faire : analyser une erreur, choisir un autre chemin d’apprentissage, aider l’élève à prendre conscience de sa façon de faire. Ce sont des gestes qui s’apprennent.

Le CFRC propose une formation en remédiation pédagogique qui travaille ces gestes. Elle se suit à distance, en direct avec Chaya Ghebali, formatrice agréée de l’Institut Feuerstein, avec du matériel envoyé chez vous et des travaux supervisés. L’organisme est certifié Qualiopi. Les prochaines dates sont en cours de programmation. La validation comprend une épreuve écrite, un projet et un oral devant un jury.

Vous représentez une école ou un établissement et souhaitez former plusieurs enseignants ? Écrivez-nous pour en parler, ou appelez le 07 67 87 60 22.

Questions fréquentes

Que veut dire PPRE ?

PPRE signifie programme personnalisé de réussite éducative. C’est un plan d’aide pédagogique, défini par écrit, pour un élève qui risque de ne pas atteindre les attendus de fin de cycle.

Quelle est la différence entre un PPRE et un PAP ?

Le PPRE répond à une difficulté scolaire, sans condition médicale, sur une durée courte. Le PAP s’adresse aux élèves dont les difficultés durables sont liées à un trouble des apprentissages ; il suppose l’avis du médecin de l’Éducation nationale et prévoit des aménagements suivis d’une année sur l’autre.

Quelle est la durée d’un PPRE ?

Aucune durée n’est fixée par les textes. Le PPRE est conçu comme une action intensive et courte, de quelques semaines à une période scolaire, avec un bilan prévu dès le départ. Il peut être reconduit avec de nouveaux objectifs.

Qu’est-ce qu’un aménagement scolaire PPRE ?

Le PPRE peut prévoir des adaptations en classe : supports allégés, consignes reformulées, travail en petit groupe. Ce ne sont pas des aménagements durables comme ceux d’un PAP ou d’un PPS. Leur but est de faire progresser l’élève sur des objectifs précis, puis de les retirer.

Un bon PPRE tient sur une page : une difficulté bien identifiée, deux ou trois objectifs, des actions concrètes et une date de bilan. Le reste se joue dans la qualité de la remédiation proposée en classe.

Formation à distance, en direct avec Chaya Ghebali, formatrice agréée de l’Institut Feuerstein. Organisme certifié Qualiopi. Préinscrivez-vous en ligne, ou appelez le 07 67 87 60 22 pour toute question sur les dates et le financement.

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