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La neuroéducation est un champ de recherche qui croise les neurosciences, la psychologie cognitive et les sciences de l’éducation pour comprendre comment le cerveau apprend, et en tirer des pistes pour enseigner. On parle aussi de neuropédagogie ou de neurosciences de l’éducation. Elle a apporté des connaissances solides sur l’attention, la mémoire, l’erreur et le sommeil. Elle a aussi ses limites : une image de cerveau ne dit pas à un enseignant comment construire sa séance. Sur ce point, méthode Feuerstein et neurosciences se rejoignent : le cerveau change en apprenant.

Qu’est-ce que la neuroéducation ?

Le terme désigne à la fois un domaine de recherche et une ambition : rapprocher ce que l’on sait du cerveau de ce qui se passe en classe. Au Québec, le chercheur Steve Masson a fondé à l’UQAM le Laboratoire de recherche en neuroéducation. En France, le neuroscientifique Stanislas Dehaene a popularisé l’approche, notamment avec son livre Apprendre ! (2018), et a présidé le Conseil scientifique de l’Éducation nationale, créé la même année.

La neuroéducation ne se limite pas à l’imagerie cérébrale. Une grande partie des résultats utiles aux enseignants vient de la psychologie cognitive, avec des expériences menées sur l’apprentissage, la mémoire ou l’attention. Les neurosciences en éclairent les mécanismes.

Ce que les neurosciences apportent à l’enseignant

Stanislas Dehaene résume ces apports en quatre « piliers de l’apprentissage ». Ils servent de repère à beaucoup de formations.

L’attention

Le cerveau filtre en permanence ce qu’il traite. Un élève ne retient que ce sur quoi il a porté son attention. Annoncer clairement ce qu’il faut regarder, limiter les distractions et les consignes multiples aide plus que de « capter l’attention » par du spectaculaire.

L’engagement actif

Un élève passif apprend peu. Celui qui fait des prédictions, répond à des questions, essaie, apprend davantage. Il ne s’agit pas de bouger, mais de réfléchir activement.

Le retour sur l’erreur

Le cerveau apprend en comparant ce qu’il attendait et ce qui se produit. L’erreur fait donc partie de l’apprentissage, à condition d’avoir un retour rapide et précis, sans sanction ni humiliation.

La consolidation

Ce qui a demandé un effort devient peu à peu automatique, ce qui libère de l’attention pour autre chose. Le sommeil joue un rôle dans cette consolidation. Les révisions espacées dans le temps et les tests de rappel, plus efficaces que la relecture, vont dans le même sens.

Étudiante attentive en classe : l'attention est un objet d'étude de la neuroéducation

Ce que les neurosciences n’apportent pas

La prudence est de mise. Dès 1997, le chercheur américain John Bruer parlait d’un « pont trop lointain » entre neurosciences et éducation. Les découvertes sur les neurones ou les zones cérébrales se traduisent rarement en consignes pédagogiques directes. Ce sont surtout les études menées en classe qui disent ce qui marche.

Un exemple : savoir que l’hippocampe intervient dans la mémorisation n’indique pas combien de fois réviser une leçon, ni à quel rythme. Ce sont des expériences comparant des révisions groupées et des révisions espacées qui ont répondu à cette question. Les neurosciences aident ensuite à comprendre pourquoi l’espacement fonctionne. Elles éclairent le terrain, elles ne le remplacent pas.

Le mot « neuro » est aussi devenu un argument de vente. Des méthodes se réclament du cerveau sans aucune preuve : exercices censés « connecter les deux hémisphères », pédagogie adaptée aux élèves « visuels » ou « auditifs », programmes miracles. Ces idées reçues ont un nom, les neuromythes. Un bon réflexe face à une formation « neuro » : demander quelles études soutiennent ce qu’elle affirme.

Plasticité cérébrale et modifiabilité cognitive

La plasticité cérébrale désigne la capacité du cerveau à se réorganiser sous l’effet de l’expérience : de nouvelles connexions se forment, d’autres s’affaiblissent. Elle est plus forte chez le jeune enfant, mais elle persiste toute la vie. C’est l’un des acquis les plus solides des neurosciences, et l’un des plus encourageants pour les éducateurs.

Reuven Feuerstein n’a pas attendu l’imagerie cérébrale pour défendre une idée voisine. Sa théorie de la modifiabilité cognitive, nourrie par son travail auprès de jeunes immigrants en Israël à partir des années 1950, affirme que l’intelligence peut se transformer à tout âge, grâce à une médiation de qualité. Les deux notions ne sont pas identiques : la plasticité décrit ce qui se passe dans le cerveau, la modifiabilité décrit des changements dans la façon de penser et d’apprendre. Elles se rejoignent sur un point : rien n’est joué d’avance.

La méthode Feuerstein apporte ce que la neuroéducation ne donne pas toujours : un « comment » structuré. Le Programme d’Enrichissement Instrumental (PEI) travaille les fonctions cognitives une à une (attention, comparaison, planification, contrôle de l’impulsivité), avec des instruments progressifs et une médiation qui aide la personne à transférer ses stratégies.

Vous voulez passer de la théorie à la pratique ? Le C.F.R.C.P forme au PEI et à la remédiation cognitive, à distance et en direct avec la formatrice. Préinscrivez-vous pour être informé des prochaines dates.

Se former : panorama

Plusieurs voies existent, selon votre objectif.

  • Les diplômes universitaires (DU) en neuroéducation, proposés par exemple par l’Université Paris Cité, s’adressent aux enseignants et professionnels de l’éducation qui veulent une culture scientifique générale sur l’apprentissage.
  • Les formations courtes, souvent en ligne, donnent des repères sur la mémoire ou l’attention. Leur qualité est inégale : vérifiez les intervenants et les sources citées.
  • Les formations à une méthode d’intervention, comme le PEI ou la remédiation cognitive, apprennent à travailler concrètement avec un enfant, un adolescent ou un adulte en difficulté.

Le C.F.R.C.P ne délivre pas de DU. Il propose des formations PEI Basic, PEI Standard 1 et 2, et une formation en remédiation cognitive, sous la direction de Chaya Ghebali, formatrice agréée de l’Institut Feuerstein. Elles se suivent à distance, avec des séances en direct, du matériel envoyé chez vous, des travaux supervisés et une validation finale. L’organisme est certifié Qualiopi.

Questions fréquentes

C’est quoi la neuroéducation ?

C’est un domaine qui rassemble neurosciences, psychologie cognitive et éducation pour comprendre comment on apprend et améliorer l’enseignement à partir de ces connaissances.

Quels sont les 4 principes de l’apprentissage ?

Selon Stanislas Dehaene : l’attention, l’engagement actif, le retour d’information sur l’erreur et la consolidation. On les appelle les quatre piliers de l’apprentissage.

Qu’est-ce qu’un neuropédagogue ?

C’est un professionnel qui s’appuie sur les connaissances du cerveau et de l’apprentissage pour accompagner des élèves ou former des enseignants. Le titre n’est pas réglementé en France : il recouvre des formations et des pratiques très variées.

Comment devenir neuropédagogue ?

Il n’existe pas de diplôme national de neuropédagogue. On peut suivre un DU en neuroéducation, des formations courtes, ou se former à une méthode d’intervention reconnue, comme le PEI de Feuerstein ou la remédiation cognitive, pour travailler concrètement avec des apprenants.

Pour aller plus loin

La neuroéducation donne de bonnes raisons de croire que chacun peut progresser, et quelques principes clairs sur l’attention, l’erreur et la mémoire. Elle ne remplace pas une méthode de travail avec l’apprenant. Pour acquérir cette méthode, découvrez la formation à la méthode Feuerstein, la formation en remédiation cognitive à distance, ou préinscrivez-vous. Une question ? Utilisez le formulaire ci-dessous ou appelez le 07 67 87 60 22.

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