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L’attention sélective est la capacité à se concentrer sur une information utile en laissant de côté tout ce qui distrait : suivre la voix de l’enseignant malgré le bruit de la cour, lire un énoncé sans être happé par l’illustration, écouter son interlocuteur dans un restaurant bruyant. C’est l’un des types d’attention que distinguent les psychologues, avec l’attention soutenue, divisée et alternée. Les comprendre aide à mieux cerner les difficultés d’un enfant « distrait » et à choisir les bonnes pistes pour l’aider.

Cet article fait partie de notre série sur les fonctions cognitives et la remédiation cognitive.

Les types d’attention

L’attention n’est pas un bloc unique. Un modèle clinique très utilisé, proposé par McKay Moore Sohlberg et Catherine Mateer à la fin des années 1980, la décrit comme un ensemble de composantes, de la plus simple à la plus complexe. On en retient généralement quatre formes. L’attention travaille avec les autres fonctions cognitives, en particulier la mémoire de travail et l’inhibition.

Sélective

Elle filtre : elle traite en profondeur une source d’information et atténue les autres. L’élève qui fait un exercice pendant que ses voisins discutent l’utilise en permanence.

Soutenue

Elle tient dans la durée : rester concentré sur une tâche longue ou répétitive, comme une dictée, la lecture d’un chapitre ou une série de calculs. Une forme proche, la vigilance, consiste à rester prêt à détecter un signal rare, par exemple descendre au bon arrêt de bus pendant un long trajet.

Divisée

Elle partage les ressources entre deux tâches simultanées : écouter une explication tout en prenant des notes. Elle a ses limites : quand les deux tâches sont exigeantes, la performance baisse sur l’une ou sur l’autre.

Alternée

Elle permet de passer d’une tâche à l’autre et de revenir : regarder le tableau, recopier, revenir au tableau sans perdre sa place. Elle est proche de la flexibilité cognitive.

Attention sélective : comment elle fonctionne

Notre cerveau reçoit à chaque instant bien plus d’informations qu’il ne peut en traiter. L’attention sélective joue le rôle de filtre. Dès 1953, le chercheur Colin Cherry décrivait l’« effet cocktail party » : dans une soirée bruyante, on parvient à suivre une seule conversation, mais on réagit si quelqu’un prononce notre prénom à l’autre bout de la pièce. Le filtre n’est donc pas totalement fermé : les informations ignorées sont atténuées, pas supprimées.

Le revers de ce filtre est spectaculaire. Dans une expérience célèbre de Daniel Simons et Christopher Chabris (1999), des participants qui comptent des passes de ballon dans une vidéo ne remarquent pas, pour une bonne partie d’entre eux, une personne déguisée en gorille qui traverse la scène. On appelle ce phénomène la cécité d’inattention. Pour l’école, la leçon est claire : un élève très concentré sur un détail peut passer à côté de l’essentiel, et un élève qui « ne voit pas » une information n’est pas forcément de mauvaise volonté.

Garçon allongé qui suit du doigt les lignes d'un livre, attention visuelle soutenue

À l’école : écrans, bruit, consignes

La classe est un environnement exigeant pour l’attention sélective : bruits de couloir, chuchotements, affichages colorés, matériel sur la table. Les écrans ajoutent une difficulté particulière, car les notifications et les contenus courts captent l’attention de façon automatique. Les consignes longues ou mélangées à d’autres informations demandent, elles aussi, un tri important. L’Université Laval rappelle dans sa trousse Cerveau qu’une personne qui a des difficultés d’attention sélective gagne à réduire les sources de distraction autour d’elle.

Des difficultés d’attention durables, présentes dans plusieurs contextes, peuvent relever d’un trouble du déficit de l’attention avec ou sans hyperactivité. Seul un professionnel de santé peut le dire, après un bilan. Nous évoquons l’accompagnement des enfants avec un trouble de l’attention dans un article dédié, et les causes plus fréquentes dans notre article sur les troubles de la concentration chez l’enfant.

Développer l’attention : pistes concrètes

  • Réduire les distractions : table dégagée, écrans éteints, place éloignée des fenêtres et des passages.
  • Annoncer ce qu’il faut chercher avant de regarder ou d’écouter : « Dans ce texte, repère les personnages. » Une intention claire guide le filtre.
  • Proposer des jeux d’observation : chercher un détail dans un livre d’images, repérer les différences, retrouver un objet caché.
  • Travailler l’écoute : reconnaître un mot cible dans une histoire lue à voix haute et lever la main à chaque fois qu’il revient.
  • Adapter la durée : des séquences courtes, puis allongées progressivement, pour l’attention soutenue.
  • Éviter de demander deux tâches exigeantes en même temps, comme écouter une explication nouvelle et recopier.

Vous accompagnez des enfants distraits ? Notre formation en remédiation cognitive se suit à distance, en direct avec la formatrice. Préinscrivez-vous pour connaître les prochaines dates.

L’attention dans la méthode Feuerstein

Reuven Feuerstein décrit l’acte mental en trois phases : l’entrée de l’information, son élaboration et la sortie de la réponse. L’attention intervient dès la première. À l’entrée, certaines fonctions cognitives peuvent être fragiles : perception floue, exploration impulsive et non planifiée, difficulté à tenir compte de plusieurs sources d’information à la fois. Repérer à quelle phase l’apprenant décroche aide le médiateur à choisir le bon exercice. Les instruments du Programme d’Enrichissement Instrumental, comme Organisation de points ou Perception analytique, demandent d’observer avec précision et de chercher l’information utile. Le médiateur aide ensuite l’enfant à nommer ce qu’il a fait pour bien regarder, afin qu’il réutilise cette stratégie en classe.

Le C.F.R.C.P forme les parents et les professionnels à la remédiation cognitive et à la méthode Feuerstein (PEI Basic dès 3 ans, PEI Standard à partir de 9 ans). Les cours ont lieu à distance, en direct avec Chaya Ghebali, formatrice agréée de l’Institut Feuerstein, avec du matériel envoyé chez vous et des travaux supervisés. L’organisme est certifié Qualiopi.

Questions fréquentes

Quels sont les 3 types d’attention ?

On cite le plus souvent l’attention sélective (filtrer les distractions), l’attention soutenue (tenir dans la durée) et l’attention divisée (gérer deux tâches à la fois). Beaucoup de modèles ajoutent l’attention alternée, qui permet de passer d’une tâche à l’autre.

Qu’est-ce que l’attention soutenue ?

C’est la capacité à rester concentré sur une même activité pendant une période prolongée, sans décrocher, par exemple pendant une lecture longue ou un contrôle. Elle progresse avec l’âge et se fatigue vite quand la tâche est monotone.

Qu’est-ce que l’attention fluctuante ?

On parle d’attention fluctuante, ou labile, quand la concentration varie beaucoup d’un moment à l’autre : l’enfant suit bien pendant quelques minutes, puis décroche, puis revient. Ce n’est pas un diagnostic. Cela peut tenir à la fatigue, à l’intérêt pour la tâche, aux émotions ou à un trouble de l’attention, et mérite d’en parler avec un professionnel si cela dure.

Pour conclure

Dire à un enfant de « faire attention » ne lui apprend pas à le faire. Savoir de quelle attention il s’agit, réduire ce qui le distrait et lui donner des stratégies d’observation change bien davantage les choses. Pour compléter, lisez nos articles sur la mémoire de travail et l’inhibition cognitive.

Formation à distance, en direct avec Chaya Ghebali, formatrice agréée de l’Institut Feuerstein. Organisme certifié Qualiopi. Prochaines dates en cours de programmation : préinscrivez-vous ou appelez le 07 67 87 60 22.

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