Votre enfant décroche au bout de cinq minutes de devoirs, oublie ce qu’on vient de lui dire, se laisse distraire par le moindre bruit ? Les troubles de la concentration sont l’une des premières inquiétudes des parents et des enseignants. Dans la grande majorité des cas, ils ont des causes simples à repérer : fatigue, écrans, émotions, tâche trop difficile. Parfois, ils signalent un trouble qui demande un avis médical. Dans tous les cas, la concentration s’apprend, et l’adulte peut beaucoup pour l’aider.
Cet article fait le point sur les causes possibles, les professionnels à consulter et les gestes utiles à la maison comme en classe. Il s’inscrit dans notre série sur les fonctions cognitives et sur la remédiation cognitive.
Troubles de la concentration : de quoi parle-t-on ?
Se concentrer, c’est diriger son attention vers une tâche et l’y maintenir assez longtemps pour la terminer, en laissant de côté ce qui distrait. Chez l’enfant, cette capacité se construit lentement : un enfant de 5 ans ne peut pas rester attentif aussi longtemps qu’un enfant de 10 ans, et c’est normal.
Difficulté passagère ou trouble durable
Une baisse de concentration pendant une période de fatigue, un déménagement ou une séparation n’a rien d’inquiétant en soi. On parle plutôt de trouble quand la difficulté dure plusieurs mois, apparaît dans plusieurs lieux (à la maison, à l’école, dans les loisirs) et gêne réellement les apprentissages ou la vie quotidienne. C’est ce critère de durée et de retentissement que les professionnels de santé examinent.
Concentration et attention : les nuances
Dans le langage courant, les deux mots sont synonymes. Les psychologues distinguent pourtant plusieurs formes d’attention : sélective (filtrer les distractions), soutenue (tenir dans la durée), divisée (faire deux choses à la fois). Un enfant peut être gêné sur l’une et pas sur les autres. Nous les détaillons dans notre article sur l’attention sélective et les types d’attention. L’attention travaille aussi avec d’autres fonctions, comme la mémoire de travail ou le contrôle de l’impulsivité : voyez notre présentation des fonctions cognitives.
Les causes fréquentes
- Le sommeil. Un enfant qui dort trop peu ou mal est moins attentif le lendemain. C’est la première piste à vérifier.
- Les écrans. Les contenus rapides et les notifications habituent à des changements d’attention permanents, et les écrans du soir retardent l’endormissement.
- Les émotions. Anxiété, tristesse, conflit familial, harcèlement : un enfant préoccupé a peu d’attention disponible pour la leçon.
- Une tâche mal ajustée. Trop difficile, l’enfant décroche ; trop facile, il s’ennuie. Une consigne mal comprise produit le même effet.
- Un trouble du neurodéveloppement. Le trouble du déficit de l’attention avec ou sans hyperactivité (TDAH) associe, selon la Haute Autorité de santé, des difficultés d’attention, une hyperactivité et une impulsivité, dont l’intensité varie. Les troubles dys (dyslexie, dyspraxie…) rendent aussi certaines tâches très coûteuses en attention.
- Une cause médicale. Un trouble de la vue ou de l’audition passé inaperçu peut ressembler à un manque d’attention.
Qui consulter ?
Le premier interlocuteur est le médecin traitant ou le pédiatre. Il vérifie le sommeil, la vue, l’audition, l’état général, et oriente si besoin vers d’autres professionnels : orthophoniste, psychomotricien, neuropsychologue, pédopsychiatre. L’enseignant et le médecin scolaire apportent un regard précieux sur ce qui se passe en classe. Pour le TDAH, la HAS décrit le parcours de diagnostic et d’accompagnement dans ses recommandations. Aucun article, aucun test en ligne ne remplace ce bilan.
Comment aider un enfant à se concentrer
À la maison
- Installer un coin de travail calme, sans écran allumé ni téléphone à portée.
- Découper les devoirs en petites séquences : 10 à 15 minutes de travail, une courte pause, puis on reprend. Un minuteur visible aide l’enfant à se repérer.
- Commencer par la tâche la plus exigeante, quand l’enfant est encore frais.
- Donner une consigne à la fois et la faire reformuler.
- Protéger le sommeil : horaires réguliers, pas d’écran avant le coucher.
En classe
- Placer l’élève loin des sources de distraction (fenêtre, porte, couloir) et près de l’enseignant.
- Écrire les consignes au tableau et les numéroter.
- Alterner les temps d’écoute et les temps d’action.
- Prévoir des micro-pauses : distribuer les cahiers, effacer le tableau.
- Valoriser l’effort de concentration, pas seulement le résultat.
Si un TDAH a été diagnostiqué, d’autres aménagements existent : ils sont présentés dans notre article sur l’élève avec un TDAH à l’école.
5 exercices de concentration simples
- Jacques a dit. L’enfant n’exécute le geste que si la phrase commence par « Jacques a dit ». Il écoute avec précision et retient ses gestes automatiques.
- La chasse au détail. Dans un livre d’images, chercher un objet précis ou les différences entre deux dessins.
- La minute d’écoute. Yeux fermés, l’enfant écoute pendant une minute, puis nomme tous les bruits entendus, dans l’ordre si possible.
- Le collier à reproduire. L’adulte enfile une suite de perles (deux rouges, une bleue…), l’enfant la reproduit, puis la prolonge.
- Le chef d’orchestre. L’adulte frappe un rythme, l’enfant le répète. On allonge peu à peu la séquence.
Le jeu ne suffit pas toujours. Ce qui fait progresser, c’est le petit échange qui suit : « Qu’est-ce qui t’a aidé à ne pas te tromper ? »
Une question sur l’accompagnement d’un enfant ? Notre formatrice répond aux parents et aux professionnels : posez-lui votre question.
La médiation pour apprendre à se concentrer
Dans la méthode Feuerstein, la concentration n’est pas traitée comme un don que l’on aurait ou non. Le médiateur aide l’enfant à observer avant d’agir, à chercher les informations utiles, à planifier sa démarche, puis à vérifier. Il nomme ce que l’enfant fait bien (« tu as regardé toute la page avant de répondre ») pour que la stratégie devienne consciente et réutilisable. Les instruments du PEI Basic, utilisables dès 3 ans, et du PEI Standard, à partir de 9 ans, travaillent ainsi la précision, l’exploration systématique et la régulation de l’impulsivité. Nous décrivons cette démarche dans notre article sur la remédiation cognitive chez l’enfant.
Le C.F.R.C.P forme les parents et les professionnels à la remédiation cognitive et à la méthode Feuerstein. La formation se suit à distance, en direct avec la formatrice, avec du matériel envoyé chez vous. Elle ne remplace pas un suivi médical ou paramédical : elle le complète.
Questions fréquentes
Comment soigner le manque de concentration chez l’enfant ?
On ne « soigne » pas un manque de concentration en tant que tel : on en cherche la cause. Souvent, retrouver un bon sommeil, limiter les écrans et adapter la charge de travail suffit à améliorer les choses. Si la difficulté persiste, le médecin oriente vers un bilan. Quand un trouble est diagnostiqué, l’accompagnement est défini avec les professionnels de santé.
Quels sont les 3 types de troubles de l’attention ?
On pense en général aux trois présentations du TDAH décrites par les classifications médicales : à prédominance inattentive, à prédominance hyperactive et impulsive, et combinée. Seul un professionnel de santé peut poser ce diagnostic.
Quelles sont les causes des troubles de la concentration ?
Les plus fréquentes sont le manque de sommeil, l’usage des écrans, les émotions (anxiété, stress) et une tâche mal ajustée au niveau de l’enfant. Un TDAH, un trouble dys ou un problème de vue ou d’audition peuvent aussi être en cause.
Quels sont les 3 signes du TDAH ?
La HAS décrit un trouble associant trois types de symptômes : le déficit de l’attention, l’hyperactivité et l’impulsivité. Ils doivent être durables, présents dans plusieurs contextes et gêner la vie de l’enfant. Leur présence isolée ne suffit pas à conclure.
Pour conclure
Un enfant qui ne se concentre pas a rarement besoin qu’on lui dise de « faire attention ». Il a besoin qu’on comprenne ce qui le gêne, puis qu’on lui apprenne comment faire. Pour aller plus loin, lisez nos articles sur la mémoire de travail et l’inhibition cognitive.
Formation à distance, en direct avec Chaya Ghebali, formatrice agréée de l’Institut Feuerstein. Organisme certifié Qualiopi. Pour une question, écrivez-nous ou appelez le 07 67 87 60 22.
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